Nitrates alimentaires et tolérance au glucose

Hezel, M., Stensdotter, M., Lundberg, J. and Weitzberg, E. (2011) Dietary nitrate and glucose tolerance in young endothelial nitric oxide synthase null mice. Atlanta Nitrite 2011 Meeting Abstracts P31. Nitric Oxide 24, S27-S28

Le «syndrome métabolique» regroupe diverses affections cardiovasculaires et métaboliques: l’hypertension, l’hyperlipidémie, l’obésité et la résistance à l’insuline. Sa prévalence augmente dans nos sociétés modernes. Il pourrait être lié à une diminution de production endogène d’oxyde nitrique NO par la voie de la NO synthase. La conversion in vivo des nitrates alimentaires en oxyde nitrique aurait la capacité de pallier ce déficit de production endogène en oxyde nitrique.

Les souris congénitalement déficientes en NO synthase endothéliale [eNOS null mice] présentent les symptômes du syndrome métabolique.

Chez la souris femelle, âgée (âge moyen: 16 mois) et congénitalement déficiente en NO synthase endothéliale, les auteurs suédois [Karolinska Institute, Stockholm] ont déjà montré qu’un apport alimentaire en nitrate prévient le syndrome métabolique [Cf. rubrique du 2 novembre 2010].

Dans cette nouvelle étude expérimentale, ils étudient tout spécialement, chez la jeune souris, mâle ou femelle et congénitalement déficiente en NO synthase endothéliale, l’effet de la supplémentation orale en nitrate sur la tolérance au glucose.

Les souris sont âgées de 3 mois. Pendant 10 semaines, elles consomment ou une eau non modifiée (groupes placebo), ou une eau enrichie en nitrate (groupes «traités»). Les souris des groupes «traités» reçoivent ainsi 6.2 mg NO3- kg-1 jour-1, ce qui, chez l’homme, correspondrait approximativement aux apports d’un régime riche en légumes.

Au terme des dix semaines, les souris sont soumises à un jeûne de 12 heures suivi d’une charge intrapéritonéale en glucose. Les pics de glycémie alors observés à la 15ème minute sont, en moyenne, les suivants:

- 5.41 g l-1 chez les souris mâles du groupe placebo,

- 3.96 g l-1 chez les souris mâles du groupe «traité» par une supplémentation orale en nitrates,

- 3.78 g l-1 chez les souris femelles du groupe placebo,

- 2.34 g l-1 chez les souris femelles du groupe «traité» par une supplémentation orale en nitrates.

Chez les souris mâles comme chez les souris femelles, la différence observée entre groupe placebo et groupe «traité» par supplémentation orale en nitrates est significative.

Ainsi, chez la souris congénitalement déficiente en NO synthase endothéliale, la faible production endogène d’oxyde nitrique génère, tôt dans l’existence, une déficience de tolérance au glucose. Cette déficience de tolérance au glucose peut être corrigée par une supplémentation, orale et prolongée, en nitrate [These findings show that lack of endogenous NO production in eNOS null mice leads to early onset defective glucose tolerance, which can be restored by dietary supplementation with inorganic nitrate].

Commentaire du blog

Reste, peut-être, à expliquer la différence des pics glycémiques entre souris mâles et femelles.

Sur des bases assez fragiles, il est souvent répété que, contrairement à l’homme, les rongeurs comme le rat et la souris, sont dépourvus de sécrétion salivaire active de nitrates (Walker, 1995). Leur conversion nitrates-nitrites, par le bais du cycle entérosalivaire des nitrates, serait, dès lors, moins prononcée (Till et coll., 1988). Si les constatations faites par Henzel et coll. sont exactes, on peut, au moins, en déduire que, chez la souris, le cycle plasmaticosalivaire des nitrates est fonctionnel. Les nitrates, puis les nitrites salivaires peuvent par la suite être transformés, dans l’estomac, en NO.

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Nitrite et vieillissement artériel

Sindler, A., L., Marvi, N.K., Classen, N., Calvert, J.W., Lefer, D.J., Seals, D.R. and Fleenor, B.S. (2011) Nitrite supplementation reverses large elastic artery stiffening with aging: Potential role of arterial advanced glycation end-products. Atlanta Nitrite 2011 Meeting Abstracts P29. Nitric Oxide 24, S27

Le risque d’apparition des maladies cardiovasculaires croît avec l’âge. En raison du phénomène de vieillissement, les grosses artères élastiques perdent de leur souplesse.

Il y a encore quelques années, l’ion nitrite NO2- était uniquement considéré comme un sous-produit du métabolisme de l’oxyde nitrique NO. On sait maintenant qu’il est une une forme de stockage physiologiquement très importante du NO. La réduction avec l’âge de la biodisponibilité en NO pouvant, éventuellement, expliquer la perte de souplesse des grosses artères élastiques, des perspectives nouvelles s’offrent pour la prévention et le traitement des affections cardiovasculaires.

Une étude expérimentale américaine cherche à vérifier si, chez la souris âgée, une supplémentation orale en nitrite NO2- est ou non capable d’améliorer la souplesse des grosses artères élastiques.

Trois groupes de souris mâles C57BL6 sont étudiés

- Groupe 1: souris jeunes (4 à 6 mois),

- Groupe 2: souris âgées (26 à 28 mois), consommant une eau de boisson non modifiée,

- Groupe 3: souris âgées (26 à 28 mois), consommant pendant 3 semaines une eau de boisson enrichie en nitrite (50 mg NO2- l-1).

Les souris, âgées, du groupe 2 ont des teneurs plasmatiques et des teneurs du tissu artériel en nitrite plus faibles que les souris jeunes du groupe 1. Les souris, âgées, du groupe 3, qui ont consommé pendant 3 semaines une eau enrichie en nitrite, ont, par contre, des teneurs plasmatiques et des teneurs du tissu artériel en nitrite équivalentes à celles des souris jeunes du groupe 1.

Chez les souris des groupes 1, 2 et 3, la vitesse de l’onde du pouls aortique est, en moyenne et respectivement, de 405, 520 et 456 cm s-1.

Chez les souris des groupes 1, 2 et 3, vérifiée en immunohistochimie, la teneur en protéines glyquées, ou produits de glycation avancée [advanced glycation end-products ACEs], est, en moyenne et respectivement, de 0.32, 0.42 et 0.35 AU dans la média, de 0.39, 0.59 et 0.43 AU dans l’adventice.

Les teneurs de l’adventice en collagène 1 comme celles de la média en élastine diminuent, avec l’âge, sans que la supplémentation orale en nitrite n’ait sur elles de réelle influence.

Ainsi, avec l’âge, chez la souris, les concentrations en nitrite diminuent dans le plasma et dans le tissu des grosses artères élastiques, pendant que ces dernières perdent de leur souplesse. Cet enraidissement, cette perte de souplesse des grosses artères élastiques s’accentuant avec l’âge, sont favorablement influencés par une supplémentation orale en nitrite, sans doute, et en partie, parce qu’une des conséquences de la supplémentation orale en nitrite est de diminuer les phénomènes de glycation dans le tissu artériel. Si elle agit ainsi favorablement sur l’enraidissement du vieillissement artériel, la supplémentation orale en nitrite pourrait devenir, chez l’homme, une ressource thérapeutique particulièrement intéressante [Nitrite concentrations were reduced with aging in the circulation and large elastic arteries. Nitrite supplementation reversed stiffening of large elastic arteries in old mice, in part, by reducing arterial ACEs. Nitrite supplementation may be a novel therapy for reversing age-associated aortic stiffness in humans].

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Nitrate et nitrite après hémodialyse

Torregrossa, A., Berkson, L., Moncrief, J. and Bryan, N. (2011) Effects of hemodialysis on the nitric oxide congeners nitrite and nitrate: Implications for cardiovascular health in dialysis patients. Atlanta Nitrite 2011 Meeting Abstracts. P15. Nitric Oxide 24, S21- S22

complété par : Bryan, N.S., Torregrossa, A.C., Mian, A.I., Berkson, D.L., Westby, C.M. and Moncrief, J.W. (2013) Acute effects of hemodialysis on nitrite and nitrate: potential cardiovascular implications in dialysis patients. Free Radical Biology and Medicine. Sous presse.

La mortalité cardiovasculaire est 10 à 20 fois plus importante chez les patients hémodialysés que dans la population générale. Chez les hémodialysés, il s’agit de la plus importante cause de décès. Le mécanisme reste à élucider.

L’étude des auteurs américains [Houston et Austin, Texas] porte sur les teneurs plasmatiques et salivaires en nitrate NO3- et en nitrite NO2-, avant et, également, quatre heures après hémodialyse.

Avant l’hémodialyse, les teneurs plasmatiques en nitrate et en nitrite sont, en moyenne et respectivement, de 3.09 mg NO3- l-1 et 9.66 μg NO2- l-1. Quatre heures après l’hémodialyse, ces mêmes taux plasmatiques sont, en moyenne et respectivement, de 1.04 mg NO3- l-1 et 4.14 μg NO2- l-1. En moyenne, la teneur plasmatique en nitrate NO3- baisse ainsi des deux tiers; la teneur plasmatique en nitrite NO2- baisse de plus de la moitié.

Avant l’hémodialyse, les teneurs salivaires moyennes en nitrate et en nitrite sont, respectivement, de 31.0 mg NO3- l-1 et de 10.7 mg NO2- l-1. Quatre heures après la dialyse, les mêmes taux salivaires sont, respectivement, de 5.9 mg NO3- l-1 et 1.2 mg NO2- l-1.  En moyenne, la teneur salivaire en nitrate NO3- baisse de 80 %;  la teneur salivaire en nitrite NO2- baisse de 89 %.

Ainsi, chez l’hémodialysé, il est possible que la nette diminution des teneurs plasmatiques et salivaires en nitrate NO3- et en nitrite NO2- favorise, à la longue, la mortalité cardiovasculaire. Si tel est le cas, les stratégies thérapeutiques à visée préventive devront désormais s’attacher à restaurer les taux amoindris de nitrate et de nitrite [Chronic and persistent depletion of plasma and salivary nitrite and nitrate likely reduces NO biology and may be underlying cause of cardiovascular related deaths in dialysis patients. Strategies aimed at restoring nitrite and nitrate in dialysis patients should be considered].

Commentaire du blog

Cette brève présentation ne précise pas le nombre de patients ayant participé à l’étude.

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Salade et huile d’olive font bon ménage

Borniquel, S., Jädert, C., Freeman, B. and Lundberg, J.O. (2011) Dietary nitrite and oleic acid attenuate colonic inflammation in experimental colitis. Atlanta Nitrite 2011 Meeting Abstracts P14. Nitric Oxide 24, S21

Lors de la Conférence: «Approaching the Clinic: Nitrite and Nitrate Pathophysiology and Therapy», qui s’est tenue à Atlanta [Géorgie, USA] du 11 au 13 mai 2011 [Cf. rubrique du 25 avril 2011], une équipe américano-suédoise a présenté cette affiche.

On sait qu’en présence d’acides gras [FAs] insaturés, l’oxyde nitrique NO et l’ion nitrite NO2- peuvent donner lieu à la formation d’acides gras nitratés [NO2-FAs], ou nitroalkènes, dont on connaît les propriétés anti-inflammatoires.

L’expérience des auteurs porte sur des souris atteintes, après administration de Dextran Sulfate de Sodium [DSS], de colite ulcéreuse. Pendant 7 jours, les souris atteintes de colite ulcéreuse expérimentale reçoivent, sous forme alimentaire, 100 mg par kg de poids corporel et par jour d’acide oléique [C18H34O2 (CH3(CH2)7CH=CH(CH2)7COOH)], auxquels est ou non ajouté, selon les cas, un apport de nitrite NO2- (1mg/kg), par l’intermédiaire de l’eau de boisson. A la fin de l’expérience, à l’aide de différents critères, entre autres, la longueur du côlon, l’index d’activité de la maladie [DAI], l’expression colique du p65 et de la NO synthase inductible [iNO], les auteurs évaluent l’importance de l’inflammation colique.

L’administration d’acide oléique [OA] seule améliore les symptômes de la colite ulcéreuse, réduisant la DAI et l’expression colique du p65 et de l’iNO, et prévenant le raccourcissement du colon.

La co-administration d’acide oléique [OA] et de nitrite [NO2-] améliore encore davantage les symptômes. On peut, dans ce cas, évoquer, soit un effet synergique des deux composés, soit la formation endogène d’acide oléique nitraté [OA-NO2] […suggesting either a synergistic effect or endogenous formation of nitrated oleic acid [OA-NO2]]

Les quantités d’acide oléique et de nitrite administrées aux souris de l’expérience sont proportionnellement comparables à celles qu’apportent, chez l’homme, l’huile d’olive et les légumes d’un régime méditerranéen typique. On voit que de telles notions sont susceptibles d’avoir de réelles implications en nutrition humaine [These results may have nutritional implications, in particular in relation to a traditional healthy diet such as the Mediterranean diet. Of note is that the levels of oleic acid and nitrite used correspond to the daily amount of olive oil (oleic acid) and vegetables (nitrate/nitrite) provided by a typical Mediterranean diet].

Commentaire du blog

Ainsi, salade et huile d’olive feraient bon ménage.

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Nitrites salivaires du nourrisson

Kanady, J., Ninnis, J., Hopper, A., Ibrahim, Y., Merritt, A., Power, G. and Blood, A. (2011) Nitrite and nitrate concentrations and metabolism in breast milk, infant formula, and saliva of term and preterm infants. Atlanta Nitrite 2011 Meeting Abstracts. P10. Nitric Oxide 24, S20

Lors de la Conférence: «Approaching the Clinic: Nitrite and Nitrate Pathophysiology and Therapy», qui s’est tenue à Atlanta [Géorgie, USA] du 11 au 13 mai 2011 [Cf. Rubrique du 25 avril 2011], des auteurs américains [Loma Linda, Californie] ont présenté cette affiche.

Ils vérifient les teneurs en nitrite dans le lait maternel, en cas d’accouchement normal ou en cas d’accouchement prématuré, les teneurs en nitrite dans la salive du nourrisson et son activité nitrate-réductrice intrabuccale.

Dans cette étude, les teneurs moyennes en nitrite du lait maternel sont, respectivement, en cas d’accouchement à terme et en cas d’accouchement prématuré, de 5.98 et de 2.3 μg NO2- l-1. Chez le nourrisson, la production salivaire est quantitativement assez faible et la teneur salivaire moyenne en nitrite est quantitativement égale à 33 % de celle de l’adulte. Enfin, chez le nouveau-né, au cours de la première semaine de la vie, l’activité nitrate réductrice intrabuccale, due à la flore bactérienne, n’est égale qu’à 1.3 % de celle de l’adulte.

Les auteurs en concluent que très peu de nitrite atteint le tractus gastro-intestinal du nourrisson. En effet, le lait maternel et la salive du nourrisson ne contiennent que très peu de nitrite et l’activité nitrate réductrice intrabuccale de nature bactérienne est extrêmement faible.

Compte tenu de l’importance de l’axe nitrate-nitrite-NO dans la physiologie de l’adulte, l’apparition d’une population bactérienne intrabuccale suffisante chez le jeune enfant doit être considérée comme un élément important de son développement [Given the importance of the nitrate-nitrite-nitric oxide axis in adult physiology, the acquisition of oral nitrate-reducing bacteria in infants may be a significant factor in the course of infant development].

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Cette affiche confirme partiellement le travail princeps d’Eisenbrand et coll. En 1980, ces auteurs avaient montré qu’au cours des six premiers mois de la vie la flore microbienne nitratoréductrice de la cavité buccale est ou absente ou faiblement développée, et qu’ainsi, à cet âge, les concentrations salivaires en nitrite sont ou nulles ou quasi nulles.

Les chiffres présentés par les auteurs californiens surprennent un peu. Chez les tout jeunes enfants entrant dans leur étude, comment expliquer que la teneur salivaire moyenne en nitrite ne soit pas réellement négligeable: 33 % de celle de l’adulte, alors qu’à cet âge l’activité nitratoréductrice de la flore intrabuccale est particulièrement réduite: 1.3 % de celle de l’adulte?

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Nitrites plasmatiques après ischémie cérébrale

Silver, J. and Lapchak, P. (2011) Continuous monitoring of changes in plasma nitrite following cerebral ischemia in a rabbit embolic stroke model. Atlanta Nitrite 2011 Meeting Abstracts. P2. Nitric Oxide 24, S16-S17

Lors de la Conférence: «Approaching the Clinic: Nitrite and Nitrate Pathophysiology and Therapy», qui s’est tenue à Atlanta [Géorgie, USA] du 11 au 13 mai 2011 [Cf. rubrique du 25 avril 2011], deux auteurs américains ont présenté cette affiche.

Leur étude porte sur trois lapins blancs New Zealand. Placé dans une artère carotide, un cathéter sert à provoquer une embolie cruorique. Des prélèvements sanguins sont effectués dans la veine jugulaire. Les teneurs plasmatiques en nitrite NO2- y sont vérifiées, et comparées à celles de trois lapins New Zealand témoins.

Au cours des trente minutes qui suivent l’embolisation cérébrale, et dès les dix premières minutes, on assiste à une augmentation nette des teneurs plasmatiques en nitrite, alors qu’elle est, bien sûr, inexistante chez les animaux témoins. La différence est significative (p=0.017).

Aux Etats-Unis, les accidents vasculaires cérébraux constituent la troisième cause de mortalité. Dans ce pays, chaque année, ils affectent 795 000 personnes et sont responsables de 200 000 décès. Même au sein de l’hôpital, des retards de diagnostic, donc de traitement, sont possibles. Comme les modifications des taux plasmatiques en nitrite font très rapidement leur apparition après l’accident ischémique, il est légitime de se demander si elles ne pourraient pas, à l’avenir, aider le clinicien, en devenant, pour ce genre d’affection, un moyen de diagnostic précoce [Thus, the study provides evidence for the feasibility of using nitrite as a marker of ischemic stroke].

Commentaire du blog

Très préliminaire [pilot study], cette étude ne concerne que l’animal. Sur le sujet, on n’en est pas encore au stade de l’application humaine.

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Application de nitrite acidifié sur la peau

Opländer, C., van Faassen, E., Pallua, N. and Suschek, C.V. (2011) The therapeutic potential of pH-neutral or acidified nitrite in humans: Changes in local and systemic status of nitrogen oxide species in vivo. Atlanta Nitrite 2011 Meeting Abstracts P1. Nitric Oxide 24, S16

La Conférence: «Approaching the Clinic: Nitrite and Nitrate Pathophysiology and Therapy», qui s’est tenue à Atlanta [Géorgie, USA] du 11 au 13 mai 2011, a comporté une série d’exposés suivis de discussion [Cf. rubrique du 25 avril 2011], et aussi la présentation de 75 affiches, ou abstracts.

La première des soixante-quinze affiches expose un travail d’auteurs allemands et hollandais.

Lorsque le pH reste neutre [pH 7.4], l’application sur la peau humaine de nitrite, même à de fortes concentrations pouvant aller jusqu’à 150 mM, soit 6900 mg NO2- kg-1 ou l-1, n’est suivie d’aucune élévation des teneurs plasmatiques en nitrite et composés nitrosés.

A l’inverse, l’application sur la peau humaine de nitrite acidifié augmente fortement les teneurs plasmatiques en nitrite et composés nitrosés, témoignant ainsi d’un passage transépidermique d’oxyde nitrique NO. Cliniquement, on constate, localement, une vasodilatation, une augmentation du flux sanguin et une réduction de l’agrégation plaquettaire.

Pour les auteurs, l’application cutanée de nitrite acidifié pourrait ainsi avoir un intérêt thérapeutique dans des situations pathologiques caractérisées par une insuffisance d’oxyde nitrique. Elle pourrait être, tout spécialement, utilisée dans le traitement ou la prévention du syndrome du «pied diabétique» ou lorsque, localement, un traitement chirurgical a été à l’origine de troubles de la vascularisation des tissus superficiels [Our findings indicate that dermal application of acidified nitrite has a therapeutical potential for human disorders that arise from insufficient availability of nitric oxide or bio-active nitric oxide derivatives and may be used especially in the treatment or prevention of diabetic foot syndrome and impaired blood circulation in flaps after surgery].

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NOx, diméthylarginine et obésité post-ménopausique

Kocak, H., Oner-Iyidogan, Y., Gurdol, F., Oner, P. and Esin, D. (2011) Serum asymmetric dimethylarginine and nitric oxide levels in obese postmenopausal women. Journal of Clinical Laboratory Analysis 25, 174-178

(voir l'abstract ici)

Selon certains travaux, le déficit en œstrogène de la ménopause serait à l’origine d’une augmentation du taux sérique de la diméthylarginine asymétrique [ADMA], puissant inhibiteur endogène de la NO synthase. Chez la femme de cet âge, il en résulterait une diminution de la biodisponibilité en oxyde nitrique NO.

Dans une étude consacrée à la femme d’âge post-ménopausique, les auteurs turcs [Istanbul] se proposent de préciser les liens susceptibles d’exister entre les teneurs sériques en diméthylarginine asymétrique [ADMA] et les teneurs sériques en NO [nitrate /nitrite ou NOx], en cas de poids excessif ou normal.

Leur étude compare 22 femmes d’âge post-ménopausique (moyenne d’âge 51 ans) obèses (indice moyen de masse corporelle: 34.1 kg/m2), à 19 femmes d’âge post-ménopausique (moyenne d’âge: 58 ans) de poids normal (indice moyen de masse corporelle: 25.2 kg/m2). Ils mesurent chez elles les taux sériques des protéines liées à l’obésité comme la ghréline, la leptine, l’adiponectine, et les taux sériques de diméthylarginine asymétrique et de NOx.

En période post-ménopausique, chez les femmes obèses, par comparaison avec les femmes de poids normal, les taux sériques de ghréline et d’adiponectine sont significativement diminués, ceux de leptine et de diméthylarginine asymétrique significativement augmentés. Par contre, entre les femmes obèses et les femmes de poids normal, les taux sériques en NOx ne sont pas significativement différents [In our study, no difference was observed in serum total nitrite/nitrate levels of obese and nonobese individuals]. Ceci étant, chez les femmes de l’étude, aucune corrélation n’est réellement enregistrée entre les taux sériques de diméthylarginine asymétrique et les taux sériques de NOx [No correlation existed between ADMA and NO].

Les auteurs proposent une explication pour ce manque de corrélation constaté, chez les femmes d’âge post-ménopausique, entre ADMA et NOx. Selon eux, chez les femmes de cet âge, les taux sériques de NOx pourraient être, par ailleurs, majorés par la coexistence de manifestations inflammatoires latentes [In spite of high ADMA levels, the unaltered NO levels in plasma may be owing to ongoing inflammatory conditions].

Commentaire du blog

Certes, il n’est pas très facile d’expliquer l’absence de corrélation, dans ce travail, entre les taux sériques de diméthylarginine asymétrique et ceux de NOx. D’autres études seraient souhaitables. A vrai dire, l’hypothèse émise par les auteurs ne convainc pas totalement.

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NOx et dépression

Garcia, R.G., Zarruk, J.G., Barrera, C., Pinzon, A., Trillos, E., Arenas, W.D., Luengas, C., Tomaz, C. and Lopez-Jaramillo, P. (2011) Plasma nitrate levels and flow-mediated vasodilation in untreated major depression. Psychosomatic Medicine 73, 344-349.

(voir l'abstract ici)

Selon un nombre croissant d’études épidémiologiques, par sa seule présence, la dépression augmenterait le risque d’apparition des affections cardiovasculaires chez le sujet sain et le risque d’apparition des complications chez le sujet déjà atteint d’affection cardiaque ou vasculaire [An increassisng number of community-based epidemiological studies have suggested that depression is an independent risk factor for the onset of cardiovascular disease (CVD) in healthy subjects and complications and new events in subjects with already established CVD].

L’oxyde nitrique NO est connu pour jouer un rôle important et multiforme en physiologie cérébrale. Il aide à la libération de noradrénaline, de dopamine et de sérotonine, à l’apprentissage et à la consolidation de la mémoire, à la régulation de la plasticité synaptique, au cycle éveil-sommeil, à la modulation de la nociception, de l’olfaction, de l’appétit, de la température corporelle.

Quatre études [Chrapko et coll, 2004, Selley et coll., 2004, Suzuki et coll., 2001, Kim et coll., 2006] ont déjà cherché à savoir comment évoluaient les taux plasmatiques de nitrate et nitrite [NOx] en cas de dépression. Les résultats divergent. Dans cette affection, les deux premières études trouvent les taux de NOx diminués, la troisième augmentés, la quatrième inchangés.

En fait, les auteurs colombiens et brésiliens font remarquer que ces quatre précédentes études ont été conduites chez des patients dépressifs atteints de comorbidité psychiatrique et soumis à dives traitements psychotropes. Ils conduisent la leur en sélectionnant 50 adultes atteints d’un premier épisode de dépression majeure [major depressive disorder] (âge moyen 22 ans), sans nulle comorbidité psychiatrique, sans nul traitement. Ils les comparent à 50 sujets témoins.

Le taux plasmatique de NOx, à jeun, est, en moyenne, de 17.5 μmol l-1 chez les sujets dépressifs et 21.6 μmol l-1 chez les témoins. La différence est significative.

La «flow mediated dilation» [FMD] est l’augmentation, mesurée en échographie, du diamètre de l’artère brachiale, en réponse à un stress comme le serrement du bras par un brassard ou un garrot. Par rapport aux témoins, cette FMD n’est pas significativement modifiée chez le sujet dépressif.

Ainsi, au cours du premier épisode dépressif, le taux plasmatique de nitrate et nitrite [NOx] apparaît diminué sans que la fonction endothéliale vasculaire ne s’en trouve, à l’évidence, altérée. Les auteurs se demandent si, chez le sujet nouvellement dépressif, la baisse du taux plasmatique en NOx ne pourrait pas être le signe d’une diminution d’activité de la NO synthase neuronale [nNOS] allant de pair avec une diminution de production d’oxyde nitrique dans le système nerveux central lui-même [A more plausible explanation for decreased plasma NOx in depressed patients in the present study could be a reduced NO production by nNOS].

Commentaire du blog

Si la diminution de la production de NO, et donc de nitrate, au cours de la dépression est confirmée par les études à venir, il restera à déterminer s’il s’agit d’un facteur causal ou d’une conséquence.

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Nitrates des laitues au Royaume-Uni

Burns, I.G., Zhang, K., Turner, M.K., Meacham, M., Al-Redhiman, K., Lynn, J., Broadley, M.R., Hand, P. and Pink, D. (2011) Screening for genotype and environment effects on nitrate accumulation in 24 species of young lettuce. Journal of the Science of Food and Agriculture 91, 553-562

(voir l'abstract ici)

Les auteurs britanniques mesurent les teneurs en nitrates de 24 variétés différentes de laitue (22 laitues cultivées et 2 laitues sauvages) mises en culture hydroponique en été et en hiver.

Un travail préliminaire portant sur deux variétés de laitue, la laitue Iceberg et la laitue Saladin, leur avait permis d’observer que les différences les plus nettes entre leurs teneurs en nitrates, d’une variété à l’autre, s’observent à une phase précoce de la croissance, 45 jours environ après le semis.

Lorsque les mesures sont ainsi effectuées à un stade relativement précoce de la croissance, la concentration moyenne des laitues en nitrate NO3- s’échelonne, selon les variétés:

- rapportée à la matière fraîche:

entre 544 et 3 539 mg NO3- kg-1 l’été,

entre 2 518 et 6 491 mg NO3- kg-1 l’hiver,

- rapportée à la matière sèche:

entre 6 440 et 59 800 mg NO3- kg-1 l’été,

entre 39 400 et 98 800 mg NO3- kg-1 l’hiver.

Les différences sont considérables. En raison d’une luminosité plus faible [because of the smaller levels of intercepted radiation] la concentration des laitues en nitrate est, dans l’ensemble, deux fois plus importante l’hiver que l’été. Rapportée à la matière fraîche, d’une variété de laitue à une autre, elle peut varier du simple à plus du double l’hiver, du simple à plus du sextuple l’été.

Les auteurs se refusent à comparer les teneurs en nitrates des laitues sur lesquelles porte leur étude avec les teneurs maximales réglementaires édictées par la Commission des Communautés européennes [No attempt has been made in this paper to compare the observed concentrations with the existing EU limits for nitrate]. Dans son règlement CE n°1881/2006 du 19 décembre 2006, la Commission des Communautés européenne demande, rappelons-le, que, pour la laitue Lactuca sativa L, et selon les modes de culture, la teneur en nitrate ne dépasse pas,

- rapportée à la matière fraîche:

entre 2500 et 3500 mg NO3- kg-1 l’été (du 1er avril au 30 septembre),

entre 4000 et 4500 mg NO3- kg-1 l’hiver (du 1er octobre au 31 mars).

Cette retenue des auteurs viendrait de ce que les teneurs en nitrate des laitues apparaissent plus importantes au quarante-cinquième jour de croissance qu’à maturité [The plants were sampled at a relatively early stage in their growth when nitrate concentrations are often significantly greater than in the corresponding lettuce heads at maturity[…] Any direct comparison of our measurements with official nitrate limits would be inappropriate]

Dans leur introduction, on sent poindre, malgré tout, chez eux, un brin de perplexité. Bien que les travaux les plus récents aient montré, disent-ils, que les effets indésirables des nitrates sur la santé aient été quelque peu exagérés, la législation européenne reste en place, moyennant quelques minimes assouplissements; il est vraisemblable qu’elle soit même étendue, dans un proche avenir, à d’autres espèces comme la roquette (rucola; Eruca sativa L.) [Although more recent work has shown that these potential health concerns were somewhat exaggerated, the EU legislation remains in place (albeit with a proposed minor relaxation of some of the limits) and is likely to be extended to include other salad crops such as rocket (rucola; Eruca sativa L.) in the near future].

Commentaire du blog

Rappelons la contradiction administrative qui, encore aujourd’hui, interdit la consommation d’une eau de boisson contenant 51 mg NO3- kg-1 (ou l-1), et autorise la consommation de laitues dont la concentration en nitrates atteint 4500 mg NO3- kg-1- soit 90 fois plus -.

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