Supplémentation en L-citrulline, NO et élasticité artérielle

Ochiai, M., Hayashi, T., Morita, M., Ina, K., Maeda, M., Watanabe, F. and Morishita, K. (2011) Short-term effects of L-citrulline supplementation on arterial stiffness in middle-aged men. International Journal of Cardiology 155, 257-261

(voir l'abstract ici)

Reflet ou non de l’athérosclérose, la rigidité artérielle constitue un marqueur prédictif des maladies cardiovasculaires. On sait qu’elle est diminuée, ou que le processus de son développement est ralenti, par l’oxyde nitrique NO et ses propriétés vasodilatatrices.

Sous l’effet de la NO synthase, le NO est l’objet d’une synthèse endogène intracellulaire. La réaction transforme la L-arginine en L-citrulline + NO, le NO étant ensuite, lui-même, transformé en ses dérivés, les ions nitrite NO2- et nitrate NO3-.

Chez des volontaires sains, il a été récemment montré que l’ingestion de L-citrulline augmente davantage les taux plasmatiques de L-arginine que ne peut le faire l’ingestion de L-arginine elle-même [Schwedhelm et coll., 2008]. Le phénomène est paradoxal. En réalité, il se trouve que, soumise à un métabolisme intestinal et hépatique et à l’effet de l’arginase, la L-arginine ingérée est rapidement transformée en ornithine et en urée. Au contraire, sous l’effet de l’argininosuccinate synthase et de l’argininosuccinate lyase, la L-citrulline est vite recyclée en L-arginine, sans être, par ailleurs, soumise à la même élimination intestinale et hépatique.

Puisque la vitesse d’onde de pouls augmente avec la rigidité artérielle, les auteurs japonais comparent, chez 15 hommes âgés en moyenne de 58 ans, dans une étude à la fois en double aveugle et randomisée,

- la vitesse de l’onde de pouls cheville-bras [brachial ankle pulse wave velocity ou baPWV] après 7 jours d’un régime supplémenté par 5.6 grammes par jour de L-citrulline

- à la même vitesse d’onde de pouls après 7 jours de placebo.

La vitesse de l’onde de pouls cheville-bras est significativement réduite après 7 jours de supplémentation en L-citrulline: 1.442 cm/mn versus 1.570 cm/mn. Par contre, les pressions artérielles systolique et diastolique et le rythme cardiaque ne se trouvent pas statistiquement modifiés.

Biologiquement, après 7 jours de supplémentation en L-citrulline, les taux plasmatiques de NOx (NO3- + NO2-), de citrulline et d’arginine sont significativement augmentés: en moyenne et respectivement, 107 versus 74, 57 versus 35 et 162 versus 116 μM. Une corrélation apparaît entre l’augmentation des taux plasmatiques en arginine et la baisse de la vitesse d’onde de pouls cheville-bras [baPWV].

Au vu de cette étude, il apparaît que, chez l’homme, une supplémentation en L-citrulline de courte durée est en mesure de diminuer la rigidité artérielle, indépendamment de tout effet détectable sur la tension artérielle [These findings suggest that short-term L-citrulline supplementatiion may functionally improve arterial stiffness, independent of blood pressure, in humans]. .

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Hypertension pulmonaire de la trisomie 21 et NO

Cua, C.L., Rogers, L.K., Chicoine, L.G., Augustine, M., Jin Y., Nash, P.L. and Nelin, L.D. (2011) Down syndrome patients with pulmonary hypertension have elevated plasma levels of asymmetric dimethylarginine. European Journal of Pediatrics 170, 859-863

(voir l'abstract ici)

Dans l’organisme, sous l’effet de l’arginase, la L-arginine se transforme en ornithine et urée, et sous l’effet de la NO synthase, cette même L-arginine se transforme en oxyde nitrique NO et L-citrulline. La NO synthase est, elle-même, soumise à une inhibition compétitive de la part de la diméthylarginine asymétrique [asymmetrical dimethyl arginine, ADMA].

On sait que, chez l’adulte, des taux plasmatiques élevés de diméthylarginine asymétrique [ADMA] peuvent être observés dans la sclérodermie systémique compliquée d’hypertension artérielle pulmonaire [HTAP]. Ils s’observent également dans l’hypertension artérielle pulmonaire [HTAP] dite «idiopathique».

L’hypertension artérielle pulmonaire [HTAP] étant relativement fréquente chez l’enfant atteint de trisomie 21 (ou syndrome de Down), les auteurs américains [Colombus, Ohio] se proposent de vérifier si, dans ce cadre pathologique, un lien existe entre l’affection vasculaire et l’inhibition compétitive de la NO synthase.

Ils comparent ainsi les taux plasmatiques de diméthylarginine asymétrique [ADMA], d’arginine et de NOx [NO3- + NO2-] chez 12 enfants trisomiques indemnes d’hypertension artérielle pulmonaire et chez 6 enfants trisomiques souffrant de cette complication vasculaire.

L’âge moyen des premiers est de 5 mois, celui des seconds de 7 mois et demi.

Chez les seconds, c’est-à-dire chez les enfants atteints de trisomie 21 compliquée d’hypertension pulmonaire, on constate une élévation significative du taux plasmatique moyen de diméthylarginine asymétrique [ADMA]: 18.0 versus 8.6 μM, couplée à une diminution significative du taux plasmatique moyen de NOx: 4.5 versus 8.5 μM. Chez eux, le taux plasmatique de L-arginine est significativement diminué: 23 versus 46 μM.

Cette autre particularité peut également jouer un rôle dans la diminution de production d’oxyde nitrique [This may also contribute to the decreased NO production in the Down Syndrome patients with pulmonary hypertension].

Les auteurs reconnaissent à leur étude un certain nombre de limites méthodologiques, parmi lesquelles un nombre faible de patients et l’interférence éventuelle d’affections cardiaques d’origine congénitale.

Néanmoins, ces résultats apparaissent compatibles avec une possibilité pathogénique, celle qui voudrait que, dans le cadre de la trisomie 21 comme dans les autres cadres pathologiques déjà répertoriés, une baisse de production de l’oxyde nitrique NO, dont les propriétés vasodilatatrices sont avérées, joue un rôle dans l’apparition ou la pérennisation de l’hypertension artérielle pulmonaire [These results are consistent with ADMA contribution to lower NO production in Down syndrome patients with pulmonary hypertension]. .

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Cœur, rein, tension artérielle: effets contraires du NaCl et du NO3-

Carlström, M., Persson, A.E., Larsson, E., Hezel, M., Scheffer, P.G., Teerlink, T., Weitzberg, E. and Lundberg, J.O. (2010) Dietary nitrate attenuates oxidative stress, prevents cardiac and renal injuries and reduces blood pressure in salt-induced hypertension Cardiovascular Research 89, 574-585

(voir l'abstract ici)

Les régimes riches en sel sont connus pour élever la tension artérielle et favoriser l’apparition des affections cardiovasculaires. A l’origine de l’hypertension artérielle induite par les apports en sel, on a pu incriminer une augmentation du stress oxydant, rénal et vasculaire, avec une production accentuée de dérivés réactifs de l’oxygène [reactive oxygen species].

A l’inverse, l’oxyde nitrique NO se comporte comme un élément régulateur de l’homéostasie cardiovasculaire [key regulator of cardiovascular homeostasis]. Des apports en nitrate NO3- exercent, on le sait, des effets hypotenseurs.

Les auteurs suédois [Uppsala et Stockholm] et hollandais [Amsterdam] mènent leur étude expérimentale chez des rats albinos Sprague Dawley. Ils les répartissent en quatre groupes:

- groupe 1: rats contrôles soumis à une opération blanche et à un régime normalement salé,

- groupe 2: rats soumis à une néphrectomie unilatérale puis à un régime à la fois riche en sel (4% de NaCl) et pauvre en nitrate,

- groupe 3: rats soumis à une néphrectomie unilatérale puis à un régime à la fois riche en sel (4% de NaCl) et enrichi en nitrate, à la dose de 6.2 mg NO3- kg-1 jour-1,

- groupe 4: rats soumis à une néphrectomie unilatérale puis à un régime riche en sel (4% de NaCl) et encore davantage enrichi en nitrate, à la dose de 62 mg NO3- kg-1 jour-1.

Les néphrectomies unilatérales ont lieu à l’âge de trois semaines. Les régimes sont suivis pendant 8 à 11 semaines. Considéré comme une dose «nutritionnelle» [nutritional dose], l’apport en nitrates des rats du groupe 3 correspondrait, chez l’homme, à une consommation quotidienne de 100 à 300 grammes de légumes riches en nitrate. L’apport en nitrates des rats du groupe 4 constitue par contre, une dose authentiquement pharmacologique [pharmacological dose].

A la fin de l’expérimentation, diverses vérifications sont effectuées, notamment biologiques et histologiques.

Chez les rats des groupes 1, 2, 3 et 4, les tensions artérielles moyennes évoluent respectivement autour de 90, 140, 135 et 120 mm Hg. Les protéinuries par 24 heures sont évaluées, respectivement et en moyenne, à 0.45, 0.70, 0.45 et 0.40 mg kg-1.

Les scores histopathologiques sont, respectivement et en moyenne, de: 0.6, 1.8, 1.3 et 1.2, pour la fibrose rénale, 0.1, 1.6, 0.1 et 0.1 pour l’inflammation rénale, 0.1, 1.8, 0.3 et 0.3 pour les modifications tubulaires, 0.3, 1.5, 0.3 et 0.1 pour les modifications glomérulaires, 0.4, 2.9, 1.3 et 0.8 pour la sclérose artério-artériolaire.

De même, l’hypertrophie cardiaque est estimée [poids du coeur/poids du corps(x103)], respectivement et en moyenne, à 2.7, 3.4, 3.0 et 2.6.

Ainsi, chez des rats soumis à un protocole expérimental (uninéphrectomie et régime riche en sel) dont l’effet est de favoriser l’apparition d’une hypertension artérielle, avec hypertrophie cardiaque, protéinurie et détérioration histologique rénale, l’adjonction de nitrates, à la dose de 6.2 ou de 62 mg NO3- kg-1 jour-1 a pour propriétés d’atténuer les tendances à l’hypertension et à l’hypertrophie cardiaque et de prévenir, presque complètement, l’apparition de la protéinurie et des signes histologiques rénaux [Simultaneous nitrate treatment […] attenuated hypertension dose-dependently with no signs of tolerance. Nitrate treatment almost completely prevented proteinuria and histological signs of renal injury, and the cardiac hypertrophy and fibrosis were attenuated].

Comme le signalent les auteurs, les effets favorables que leur étude enregistre chez le rat sont d’autant plus remarquables qu’ils ne nécessitent pour être observés qu’une supplémentation relativement modeste en nitrate [dietary supplementation with inorganic nitrate in modest amounts]. .

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NOx du liquide céphalorachidien dans les affections dégénératives cervicales et lombaires

Denda, H., Kimura, S., Yamazaki, A., Hosaka, N., Takano, Y., Imura, K., Yajiri, Y. and Endo, N. (2011) Clinical significance of cerebrospinal fluid nitric oxide concentrations in degenerative cervical and lumbar diseases. European Spine Journal 20, 604-611

(voir l'abstract ici)

A l’occasion d’une myélographie, les auteurs [Niigata, Japon] prélèvent, chez 257 patients, par ponction lombaire, 1 à 2 ml de liquide céphalorachidien, afin d’en mesurer la teneur en NOx [NO3- + NO2-]. Le prélèvement concerne 85 patients atteints de myélopathie cervicale compressive, 25 patients atteints de hernie discale cervicale, 70 patients atteints de sténose du canal lombaire et 77 patients atteints de hernie discale lombaire.

Le taux moyen de NOx n’est guère modifié chez les patients atteints de hernie discale cervicale ou lombaire. Il reste, comme chez les témoins, aux alentours de 5 μM. Il est, par contre, légèrement augmenté chez les patients atteints de myélopathie cervicale compressive: 6.15 μM, comme chez ceux qui souffrent de sténose du canal lombaire: aux alentours de 7 μM.

En cas de myélopathie cervicale compressive, l’existence d’un hypersignal T2 en IRM influe quelque peu sur le taux de NOx du liquide céphalorachidien. Alors qu’il est, en moyenne, de 5 μM en l’absence d’hypersignal T2, il est, en moyenne, de 6.5 μM en sa présence.

Comme le font remarquer les auteurs, les mécanismes menant à la production d’oxyde nitrique lors des compressions médullaires chroniques restent, pour leur plus grande part, méconnus [Little is known about the mechanisms underlying NO production in chronic spinal cord compression].

Commentaire du blog

Intéressantes à considérer sous l’angle physiopathologique, les modifications des teneurs en NOx du liquide céphalorachidien constatées à l’occasion des compressions médullaires cervicales et des sténoses lombaires restent, en fait, trop peu marquées pour avoir, en clinique, un réel intérêt diagnostique.

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Supplément en oxyde nitrique et bodybuilding

Bloomer, R.J., Williams, S.A., Canale, R.E., Farney, T.M. and Kabir, M.M. (2010) Acute effect of nitric oxide supplement on blood nitrate/nitrite and hemodynamic variables in resistance trained men. The Journal of Strength and Conditioning Research 24, 2587-2592.

(voir l'abstract ici)

Les propriétés vasodilatatrices de l’oxyde nitrique NO commencent à être connues des milieux sportifs. Deux rubriques précédentes l’ont déjà montré [rubriques du 7 septembre et du 22 octobre 2010].

Aux Etats-Unis, l’industrie des suppléments alimentaires pour sportifs commercialise une nouvelle molécule, le 2-[nitrooxy]ethyl 2-amino-3-methylbutanoate, qu’elle destine particulièrement aux adeptes du body-building. Le produit est connu sous le nom commercial d’«eNoxide». Il est présenté aux sportifs, non comme un précurseur d’oxyde nitrique comme peuvent l’être, par ailleurs, la L-arginine, l’arginine alpha-kétoglutarate [AAKG] ou la citrulline, mais comme un oxyde nitrique appelé «réel» [«Real» nitric oxide]. Le discours publicitaire explique que la molécule fait partie de la classe des «Molécules d’Oxyde Nitrique Exogènes», cette «supermolécule» générant des taux «optimaux» d’oxyde nitrique «réel» dans le courant circulatoire [This is a part of a class of compounds called Exogenous Nitric Oxide Molecules [ENOMs], nitric oxide super-molecules designed to promote optimal levels of real NO to the bloodstream]. Le produit se présente sous forme de comprimés de 10 mg. La dose recommandée par le fabriquant est, selon que le poids du sujet est de moins ou de plus de 90 kg, d’1 ou 2 comprimés 10 minutes avant le début de l’exercice. Placés sous la langue, les comprimés se dissolvent en 2 à 3 minutes, avant de laisser un léger résidu crayeux qu’il est possible de faire disparaître en avalant une gorgée d’eau. Une telle supplémentation est censée améliorer les performances musculaires et stimuler la croissance musculaire [Claims for this product include «improved muscle performance, and stimulation of muscle growth»].

Les auteurs américains [University of Memphis, Tennessee] se proposent de tester l’efficacité du nouveau produit, du moins quant à sa capacité à augmenter les taux plasmatiques des nitrates et nitrites.

A deux reprises, à 1 semaine d’intervalle, dix hommes sportifs entraînés, d’âge et de poids moyens respectifs de 26 ans et de 88 kg, reçoivent, après 10 heures de jeûne, soit 2 comprimés de placebo, soit 2 comprimés de 2-[nitrooxy]ethyl 2-amino-3-methylbutanoate.

Les taux plasmatiques de NOx [NO3- + NO2-] sont vérifiés avant l’ingestion des gélules, puis 5, 15, 30 et 60 minutes plus tard. Avant et après l’ingestion de 2 gélules de placebo, ils sont, en moyenne et respectivement, de 27.9, 27.2, 26.6, 27.4 et 25.3 μmol l-1. Avant et après l’ingestion de 2 gélules de 2-[nitrooxy]ethyl 2-amino-3-methylbutanoate, ils sont, en moyenne et respectivement, de 32.9, 34.6, 35.1, 31.6 et 29.1 μmol l-1.

Ainsi, sous placebo, le taux plasmatique de NOx reste stable. Après l’ingestion de 2-[nitrooxy]ethyl 2-amino-3-methylbutanoate, ce même taux plasmatique de NOx subit une élévation relativement modeste, l’augmentation atteignant quelque 6.7% à la 15ème minute [… with values remaining nearly identical across time for placebo and increasing a maximum of ~ 6.7% at the 15-minute collection period for the supplement]. En réalité, selon les auteurs, les différences n’atteignent pas le degré de significativité.

Des variables hémodynamiques sont contrôlées aux mêmes moments, au repos. La tension artérielle, systolique et diastolique, et le rythme cardiaque ne subissent aucune modification évidente.

Par honnêteté, les auteurs signalent plusieurs limites de leur étude: faible échantillon, absence de double aveugle, absence d’évaluation des taux de nitrate ou de nitrite dans le muscle, grande variabilité des résultats des taux de plasmatiques de NOx, enfin absence d’évaluation des performances musculaires.

En conclusion, selon les auteurs, chez des sportifs entraînés, l’ingestion de 2-[nitrooxy]ethyl 2-amino-3-methylbutanoate semble légèrement augmenter les taux circulants de NOx, sans provoquer, dans l’heure qui suit, de modification enregistrable de la tension artérielle et du rythme cardiaque [These findings indicate that 2-[nitrooxy]ethyl 2-amino-3-methylbutanoate has a small effect on increasing circulating nitrate/nitrite and does not cause any change in hemodynamic variables within the 1 hour postingestion period in a sample of resistance trained men].

Commentaire du blog

En raison de ses limites, l’étude ne répond pas entièrement à toutes les questions. Des travaux complémentaires sont souhaités. .

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Nitrate et nitrite en anesthésiologie et médecine de soins intensifs

Weitzberg, E., Hezel, M. and Lundberg, J.O. (2010) Nitrate-nitrite-nitric oxide pathway. Implications for anesthesiology and intensive care. Anesthesiology 113, 1460-1475.

(voir l'abstract ici)

Rédigée par trois membres du Karolinska Institute de Stockholm (Suède), cette importante revue décrit successivement:

- le cycle de l’azote,

- la voie classique L-arginine-NO synthase-oxyde nitrique,

- les deux sources, endogène et exogène, en nitrates,

- la circulation entérosalivaire des nitrates,

- la formation d’oxyde nitrique dans l’estomac,

- les voies enzymatiques intervenant de la conversion de l’ion nitrite en oxyde nitrique,

- le rôle des ions nitrate et nitrite dans le système cardiovasculaire,

- le rôle des mitochondries, cibles de l’oxyde nitrique, dans la consommation d’oxygène,

- le rôle préventif de l’oxyde nitrique vis-à-vis de lésions d’ischémie reperfusion,

- les traitements faisant appel aux inhalations d’oxyde nitrique ou de nitrite,

- le rôle préventif de l’oxyde nitrique ou de l’ion nitrite vis-à-vis des rejets de greffe,

- les effets antimicrobiens des ions nitrite dans l’urine,

- la place de l’ion nitrate dans les effets favorables que les régimes riches en légumes et en fruits exercent sur les maladies cardiovasculaires et le diabète de type 2.

Publié dans la revue «Anesthesiology», journal de l’«American Society of Anesthesiologists», cet article a pour originalité de souligner les implications de ces nouvelles données scientifiques en anesthésiologie et médecine de soins intensifs.

On sait que, chez les patients hospitalisés en unité de soins intensifs, les incidences des ulcères gastriques et des complications bactériennes sont particulièrement élevées.

Après un apport alimentaire en nitrates, la voie nitrate-nitrite-NO mise en jeu comporte un cycle entérosalivaire des nitrates, une transformation des nitrates salivaires en nitrites salivaires sous l’effet des bactéries de la flore buccale, enfin, en milieu acide, une transformation des nitrites d’origine salivaire en NO. Dans l’estomac, l’oxyde nitrique NO joue un rôle doublement favorable. Régulant le flux sanguin muqueux et la production de mucus, il protège la muqueuse gastrique; il assure son intégrité. Bactéricide, il constitue une première ligne de défense à l’encontre des germes pathogènes ingérés.

Il se trouve que ces différentes étapes sont perturbées chez le patient hospitalisé en unité de soins intensifs.

Chez ce patient, les apports habituels en nitrates provenant principalement des légumes sont des plus réduits. Les alimentations de substitution, entérale et parentérale, ne comportent, par ailleurs, que de très faibles concentrations en nitrate et en nitrite. Le patient est, de la sorte, soumis à une véritable «privation» en nitrate et nitrite [A patient on full enteral or parenteral feeding is subjected to nitrate/nitrite starvation].

En outre, la production salivaire du patient intubé ou sédaté est affaiblie. Des traitements par antibiotiques à large spectre sont souvent prescrits. La réduction des nitrates salivaires en nitrites salivaires est entravée.

En raison de l’intubation ou de la sédation, la déglutition de la salive est difficile. Enfin, si elle a lieu, la prescription concomitante d’inhibiteurs de la pompe à protons élève le pH gastrique.

Chez les patients hospitalisés en unité de soins intensifs, la perturbation, à toutes ses étapes, de la voie nitrate-nitrite-NO mène à une forte diminution de la concentration gastrique en NO. La perturbation de la voie nitrate-nitrite-NO et la diminution de la concentration gastrique en NO qui en résulte peuvent expliquer, chez ces sujets, la forte incidence des ulcérations gastriques, la forte incidence des colonisations bactériennes intragastriques, peut-être même aussi l’incidence accrue des complications infectieuses à distance, notamment pulmonaires.

On le sait, la voie nitrate-nitrite-NO est également à l’origine d’effets cardiovasculaires favorables.

Un nombre important de patients hospitalisés en unité de soins intensifs souffrent déjà d’une morbidité préexistante faite d’athérosclérose, de syndrome métabolique, de diabète de type 2, affections marquées par une réduction d’activité de la NOS endothéliale (eNOS). Le jeûne préopératoire ne fait qu’accentuer le déficit en NO [In addition, preoperative fasting does not only reduce glycogen depots but also prevents the possibility to fuel the nitrate-nitrite-nitric oxide pathway]. En conséquence, il est légitime de se demander si, avant une intervention chirurgicale, l’administration de nitrate ou de nitrite, ou des deux, ne pourrait pas s’avérer bénéfique [It is of great interest to study whether preemptive administration of nitrate or nitrite, or perhaps a combination, could have beneficial effects].

En conclusion, les auteurs posent de fort intéressantes questions, auxquelles les recherches à venir seront invitées à répondre:

- Quelles sont les conséquences du jeûne préopératoire? [What are the consequences of preoperative fasting?]

- Le manque de nitrate et de nitrite dans les préparations entérales et parentérales est-il préjudiciable pour la santé? [Is the lack of nitrate and nitrite in our parenteral or enteral formulas harmful?]

- Que faut-il penser des faibles concentrations gastriques en oxyde nitrique chez les patients intubés en unité de soins intensifs ? [What is the relevance of low gastric nitric oxide concentrations in intubated ICU patients?]

- L’administration préopératoire de nitrate ou de nitrite ne pourrait-elle pas avoir des effets préventifs sur l’apparition peropératoire des lésions d’ischémie reperfusion? [Could preemptive administration of nitrate or nitrite ameliorate perioperative I/R injury?]. .

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Nitrite et animaux d’élevage

Cockburn, A., Brambilla, G., Fernandez, M.-L., Arcella, D., Bordajandi, L.R., Cottrill, B., van Peteghem and Dorne, J.-L. (2011). Nitrite in feed: From animal health to human health. Toxicology and Applied Pharmacology. Sous presse.

(voir l'abstract ici)

Les auteurs se proposent de présenter l’état actuel des connaissances sur la toxicologie de l’ion nitrite NO2- chez les animaux d’élevage.

Dans la littérature, les données scientifiques qui, sur ce sujet, se rapportent aux animaux de gros et petit bétail sont, en réalité, limitées [The literature and the corresponding database regarding the toxicity of nitrite and nitrate present in feed is limited for livestock species]. Le principal risque théorique encouru par l’animal à l’occasion de l’ingestion de doses importantes de nitrites est celui de l’apparition d’une méthémoglobinémie.

On retiendra surtout dans cet article le chapitre consacré au métabolisme comparé des nitrates et des nitrites chez le porc, le bovin et l’homme.

Chez le porc, les activités de la nitrite réductase, dans la salive, et de la méthémogobine réductase, dans le globule rouge, seraient, l’une et l’autre, réduites. Les deux particularités se contrebalanceraient. De ce fait, le porc n’aurait pas de sensibilité particulière au risque méthémoglobinémique [Such low MetHb reductase in pigs together with relatively low nitrite reductase levels in the saliva provide a metabolic rationale for their physiological sensitivity to nitrite toxicity].

Chez le bovin adulte, rumen et caecum constituent une atmosphère favorable à l’activité de la nitrate réductase. Mais, par la suite, la transformation en ammoniac NH3 est largement prédominante. Les ions nitrite NO2- ne seraient absorbés qu’en quantité réduite vers le courant circulatoire. Le risque méthémoglobinémique n’apparaîtrait dès lors qu’en cas de surcharge alimentaire inhabituelle en ion nitrite.

Au cours des premières semaines, le rumen du veau n’est ni développé, ni fonctionnel. Dans la mesure où, à cet âge, le veau n’aurait qu’une méthémoglobine réductase de faible activité, sa susceptibilité aux nitrites s’en trouverait accrue [In contrast with adult cows, calves do not possess a rumen (monogastrics) and their susceptibility to nitrite is due to low metHb reductase activity as observed in pigs].

Dans la pratique, les observations de méthémoglobinémie chez les porcins comme chez les bovins semblent assez rares. Pour les auteurs, la rareté de l’affection serait, en fait, à mettre sur le compte de la vigilance des éleveurs [Despite the potential risk of nitrite poisoning, adverse effects in livestock are relatively uncommon due to farmer awareness of the predisposing factors leading to resultant precautionary husbandry practices].

Aucune observation de méthémoglobinémie nitrito-induite n’a, semble-t-il, été rapportée chez les chevaux [No toxicity data relating to nitrite exposure were available for horses].

Commentaire du blog

Le secteur scientifique abordé par ce travail est tout à fait intéressant. Il apparaît encore insuffisamment exploré.

Fragmentaires, les données disponibles sont, en outre, d’une fiabilité parfois imparfaite [Not all of studies were conducted according to modern day standards]. Les connaissances actuelles méritent d’être accueillies avec quelque circonspection.

La notion selon laquelle, chez le porc, les faibles activités de la nitrite réductase, dans la salive, et de la méthémoglobine réductase, dans le globule rouge, se compenseraient ne paraît pas, en réalité, devoir s’appliquer au phénomène de la méthémoglobinémie aiguë, qui fait suite à l’ingestion d’une forte dose de nitrite. Dans un tel cadre pathologique, après avoir été ingérés puis absorbés, les ions nitrite NO2- passent directement dans le courant circulatoire, sans que la salive n’ait réellement à intervenir.

Il serait intéressant d’en savoir davantage sur le métabolisme des nitrates et des nitrites chez tous ces animaux. Qu’en est-il, par exemple, chez les bovins, les ovins, les porcins, les chevaux, de la transformation des nitrates en nitrites dans la salive, ainsi que de la circulation entérosalivaire des nitrates, présente chez l’homme et le lapin [rubrique du 18 décembre 2009]? Comme l’homme et le rat, ces animaux d’élevage ont-ils, au tiers postérieur de la langue, des sillons interpapillaires, munis d’équivalents de glandes de Von Ebner? Pour chacune de ces espèces, dans quelle partie exacte du tube digestif s’effectue l’absorption des ions nitrate et des ions nitrite? La faible activité de la méthémoglobine réductase constatée au début de la vie, chez le nourrisson humain et le veau s’observe-t-elle, aussi, dans d’autres espèces? Ne pourrait-on imaginer qu’elle s’observe chez toute espèce de mammifères?

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Les gazotransmetteurs

Hirst, D.G. and Robson, T. (2011) Chapter 1: Nitric oxide physiology and pathology. In : McCarthy, H.O. and Coulter J.A. (eds) Nitric Oxide, Methods and Protocols, Methods in Molecular Biology 704, 1-13.

Dans la collection : «Methods in Molecular Biology», les éditions Springer Science viennent de publier un nouvel ouvrage de 226 pages: «Nitric Oxide, Methods and Protocols».

Avant que ne soient abordées, dans les quatorze chapitres suivants, les méthodes de mesure de l’oxyde nitrique et de ses métabolites, le chapitre inaugural expose diverses particularités de  l’oxyde nitrique NO et de sa place en physiologie.

Le premier et le dernier paragraphes de ce chapitre inaugural contiennent quelques considérations dignes d’intérêt.

Dans le premier chapitre dénommé: «Only one of the gaseous messengers», les auteurs font remarquer qu’il a longtemps été cru que la transmission des signaux à l’intérieur des cellules et entre elles était le fait de molécules complexes, tels les protéines ou les peptides. Il devient maintenant de plus en plus clair que, dans la plupart de nos tissus, si ce n’est dans tous, un rôle de premier plan est, en réalité, joué par une tout autre classe de substances, celle des «petits messagers gazeux» [small gaseous messengers]. L’oxyde nitrique NO fait partie de ces «gazotransmetteurs» [«gaso-transmitters»]. Il n’est pas le seul. Le monoxyde de carbone CO et le sulfure d’hydrogène H2S sont aussi du nombre. Leurs cibles spécifiques sont identifiées dans les cellules musculaires lisses, les neurones et le tractus gastro-intestinal.

L’oxyde nitrique NO est, de loin, le plus étudié. Quelque cent mille articles lui ont déjà été consacrés dans la littérature médicale.

Dans le huitième et dernier paragraphe dénommé: «Nitric oxide in non-mammalian systems», on apprend que le rôle de «gazotransmetteur» du NO ne se rencontre pas uniquement, comme on pourrait le croire, chez les vertébrés supérieurs. Une synthèse endogène d’oxyde nitrique, sous l’effet enzymatique d’une NO synthase, s’observe aussi chez les insectes, les mollusques, les crustacés, en fait, dans la quasi-totalité des espèces. Un nématode de la famille des rhabditidae semble, cependant, faire exception, le Caenorhabditis elegans, qui, exprimant des isoformes de la guanylate cyclase, pourrait s’avérer insensible au NO (Morton et coll., 1999).

L’oxyde nitrique joue également un rôle majeur dans le règne végétal. Il participe notamment à la germination des graines, au développement des fleurs, à celui des racines [It has been shown to be vital for fundamental processes such as seed germination and flower and root development]. -

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Nitrates des légumes et méthémoglobinémie

Chan, T.Y.K. (2011) Vegetable-borne nitrate and nitrite and the risk of methaemoglobinaemia. Toxicology Letters 200, 107-108.

(voir l'abstract ici)

Publié dans «Toxicology Letters», écrit par un pharmacologue de Hong Kong., ce commentaire porte sur les liens entre les ions nitrate et nitrite et le risque de méthémoglobinémie.

L’auteur rappelle que les légumes contiennent souvent de fortes teneurs en ions nitrate et que la méthémoglobinémie fait suite à la conversion d’ions nitrate en ions nitrite. Le risque de méthémoglobinémie prédomine chez le nourrisson de moins de 3 mois; l’affection peut aussi être observée à un âge plus avancé [Infants under 3 months old are particularly susceptible to methaemoglobinaemia. Older infants and chidren are also at risk].

Dans les légumes frais et intacts, les teneurs en nitrite sont habituellement très basses. Par contre, si les conditions de conservation sont défectueuses, les concentrations en nitrite des légumes augmentent, par suite d’une contamination bactérienne [In fresh, undamaged vegetables, the nitrite concentrations are usually very low. Under adverse post-harvest storage conditions, nitrite concentrations in vegetables increase as a result of bacterial contamination […]].

L’auteur continue en mentionnant que la réduction des ions nitrate en ions nitrite dans la cavité buccale est la plus importante source d’ions nitrite; elle rend compte de 70 à 80 % de l’exposition humaine totale en nitrite [Oral reduction of nitrate is the most important source of nitrite, accounting for approximately 70-80 % of the human total nitrite exposure].

Selon lui, pour «maximaliser» les effets bénéfiques dus à la consommation des légumes, il conviendrait de prendre des mesures, de manière à réduire les expositions en ions nitrate et en ions nitrite tout en maintenant les apports recommandés globaux en légumes [In order to maximise the health benefits from eating vegetables (WHO, 2003), measures should be taken to reduce the nitrate and nitrite exposures while maintaining the recommended intake of vegetables].

Sa conclusion comporte deux propositions apparemment discordantes: 1) La consommation de légumes à haute teneur en nitrates ne fait pas courir de risque de méthémoglobinémie, quand ceux-ci sont correctement conservés et préparés. 2) Toutefois, il convient d’éviter la consommation de légumes à la maison chez le nourrisson de 3 mois, voire plus [It is safe to eat vegetables with higher nitrate content, if they have been properly stored and prepared. However, home prepared infant food containing vegetables should be avoided until the infant is 3 months or older].

Commentaire du blog

Lors de la préparation des purées de légumes à destination des nourrissons, il est impératif, comme on le sait, de bien respecter les règles d’hygiène; celles-ci consistent à ne pas laisser les purées de légumes plus de 24 heures au réfrigérateur, plus de 6 heures à température ambiante. C’est sans doute parce qu’il redoute que les règles classiques ne soient pas toujours parfaitement respectées que l’auteur préfère terminer par une recommandation générale de prudence et d’éviction.

Plusieurs erreurs méritent d’être signalées:

1) L’auteur ne semble pas avoir connaissance des travaux montrant que la transformation des nitrates en nitrites, consécutive à une pullulation bactérienne dans le biberon et responsable de la méthémoglobinémie du nourrisson, est soumise à un phénomène de seuil, autour de 106 germes ml-1 [rubrique des 7, 11 et 14 mai 2010].

2) Il évoque des transformations nitrate-nitrite dans l’organisme, qui, pour les raisons qui suivent, ne peuvent réellement apparaître fondées:

2a) Evoquant la réduction bactérienne des nitrates salivaires en nitrites salivaires dans la cavité buccale, il omet, en fait, de signaler qu’une telle réduction des nitrates salivaires en nitrites salivaires n’existe pas chez le nourrisson de moins de six mois. La réduction n’existe pas à l’âge de la vie où, justement, le risque de méthémoglobinémie existe.

2b) Au cours de l’article, on remarquera qu’il avance une autre possibilité de transformation endogène des nitrates en nitrites chez le nourrisson de moins de trois mois: sa faible acidité gastrique; d’où une prolifération de bactéries dans l’intestin, et une réduction des nitrates ingérés en nitrites [Their lower gastric pH results in proliferation of intestinal flora, which reduce the ingested nitrate to nitrite]. L’affirmation est doublement erronée. Le pH gastrique du nourrisson est identique à celui de l’adulte [Luhby et coll., 1954; Avery et coll., 1966; Jean-Louis et coll., 1993 Reed, 1996]. Absorbés dans l’estomac et la partie haute de l’intestin grêle, les nitrates ingérés ne parviennent pas au gros intestin [Bartholomew et Hill, 1984].    

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2011: Un Colloque international à Paris

Depuis sa naissance, le 26 octobre 2009, le blog «Nitrates et Santé» a publié respectivement, en 2009 et 2010, 22 et 86 rubriques, soit un total de 108 rubriques.

Son rôle est de combler le manque patent d’informations qui, sur le sujet, émane des médias audiovisuels. En consultant le blog, il devient possible, pour qui le souhaite, d’avoir, régulièrement, une idée précise de l’état de la science sur les liens que les nitrates, les nitrites et les radicaux NO entretiennent avec la santé humaine.

En 2011, les 31 mars et 1er avril, se tiendra à Paris un Colloque international sur ce thème scientifique. Il réunira des auteurs renommés, provenant notamment de Suède, du Royaume-Uni et des Etats-Unis. Le blog «Nitrates et Santé» aura l’occasion d’en reparler.

Très bonne année 2011 à tous.
 

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