Apport en nitrate et hypertension induite par le sel

Morris, R.C. Jr, Pravenec, M., Silhavy, J., DiCarlo, S.E. and Kurtz, T.W. (2019) Small Amounts of Inorganic Nitrate or Beetroot Provide Substantial Protection From Salt-Induced Increases in Blood Pressure. Hypertension 73 (5), 1042-1048

(voir l'abstract ici)

Il y a une quarantaine d’années, on a montré, chez le rat à tendance génétiquement hypertensive, que la consommation au long cours de chlorure de sodium NaCl accentuait la tendance hypertensive, alors que celle du chlorure de potassium KCl l’atténuait. Pour protéger l’animal des effets hypertensifs de l’adjonction de chlorure de sodium, il conviendrait d’ajouter le chlorure de potassium dans la nourriture à une concentration au moins équimolaire (~1:1) [Dahl et al (1972) found that a molar ratio of added dietary potassium to added dietary salt of ~1:1 was required for supplemental potassium to strongly protect against the pressor effects of a large increase in salt intake].

Les autorités médicales ont transmis la consigne. Au cours des dernières décennies cependant, peu de personnes s’y sont conformées et ont changé en conséquence leurs habitudes alimentaires. Si, pour contrecarrer les effets hypertensifs du chlorure de sodium, il était possible de proposer aux populations des consignes tout aussi efficaces mais plus faciles à suivre, l’avantage serait indéniable [During the past several decades, relatively few people have changed their eating habits sufficiently to reach the recommended dietary goals for salt and potassium. Thus, new strategies that reduce the risk of salt-induced hypertension without requiring major changes in dietary habits would be of considerable medical interest].

Les auteurs américains [Université de Californie, San Francisco] et tchèques [Académie des sciences de la République tchèque, Prague] présentent une étude expérimentale réalisée chez des rats de lignée Dahl sensibles au sel. Ils constatent que l’adjonction dans la nourriture de nitrate de sodium NaNO3 exerce un effet protecteur à l’égard de l’hypertension induite par le sel lorsque le rapport molaire nitrate NO3- ajouté/Na+ ajouté n’est que de ~1:170 [In the current studies in a widely used model of salt-induced hypertension, the Dahl salt-sensitive rat, we found that supplemental dietary sodium nitrate confers substantial protection from initiation of salt-induced hypertension when the molar ratio of added nitrate to added salt is only ~1:170].

Ils considèrent ainsi que, chez l’animal et sur une base molaire, l’effet anti-hypertenseur de l’apport alimentaire en nitrate NO3- se montre 100 fois plus puissant que celui de l’apport alimentaire en potassium K+ [The results suggest that on a molar basis and a weight basis, dietary nitrate may be ~100x more potent that dietary potassium with respect to providing substantial resistance to the pressor effects of increased salt intake].

Puisque les légumes verts et la betterave sont particulièrement riches en nitrate, les auteurs américains et tchèques suggèrent que l’adjonction à des produits salés de petites quantités de concentrés de légumes riches en nitrate soit un moyen finalement assez simple de réduire le risque d’installation d’une hypertension artérielle induite par le sel [Given that leafy green and root vegetables contain large amounts of inorganic nitrate, these findings raise the possibility that fortification of salty food products with small amounts of a nitrate-rich vegetable concentrate may provide a simple method for reducing isk for salt-induced hypertension].

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Apports en nitrate et risque cardio-rénal de la lithiothérapie

Mooney, J.J. (2019) Dietary nitrates may reduce cardiorenal side-effects of lithium therapy in older subjects. Journal of Psychiatric Research 114, 147-148

(voir la référence ici)

Dans une lettre à l’éditeur, l’auteur américain [Beth Israel Deaconess Medical Center, Boston, Massachusetts, USA] cite d’abord un travail multicentrique réalisé à partir de 12 sites internationaux [Tondo et coll. (2017)]: 312 patients âgés de 20 à 89 ans, atteints de troubles bipolaires, sont traités pendant une moyenne de 18 ans par le carbonate de lithium. On constate chez eux que la fonction glomérulaire rénale décline progressivement, le déclin étant de ~30% plus marqué que dans la population témoin.

L’auteur cite ensuite une quinzaine d’études réalisées au cours des dernières années attirant l’attention sur les effets favorables exercés par les nitrates NO3- alimentaires ou l’oxyde nitrique NO sur le système cardiovasculaire, la tension artérielle et la fonction endothéliale.

L’auteur américain suppose dès lors qu’une augmentation, sous forme de légumes, des apports quotidiens en nitrate NO3- pourrait favorablement réduire le risque cardio-rénal chez les patients atteints de troubles bipolaires traités au long cours par le carbonate de lithium [In summary, increases in dietary nitrate consumption may reduce pro-inflammatory and cardio-renal risks in middle-aged and elderly patients taking long-term lithium therapy for the treatment of bipolar disorders].

Commentaire du blog

L’auteur fait part de ce qui n’est encore qu’une intuition, ou qu’une hypothèse. Il reste, bien sûr, à mettre en œuvre des études sur le long terme véritablement consacrées au sujet.

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Nitrates alimentaires et troubles digestifs post-antibiothérapie

Rocha, B.S., Correia, M.G., Pereira, A., Henriques, I., Da Silva, G.J. and Laranjinha, J. (2019) Inorganic nitrate prevents the loss of tight junction proteins and modulates inflammatory events induced by broad-spectrum antibiotics: A role for intestinal microbiota? Nitric Oxide 88, 27-34

(voir l'abstract ici)

A l’occasion de leur circulation entérosalivaire, les ions nitrate NO3- d’origine alimentaire sont réduits dans la cavité buccale en ions nitrite NO2-. Les ions nitrite NO2- sont ensuite réduits, en partie dans la cavité buccale, au collet des dents, mais surtout dans l’estomac, en oxyde nitrique NO. La libération intragastrique d’oxyde nitrique NO est connue pour provoquer une vasodilatation de la microcirculation locale, une augmentation de l’épaisseur de la muqueuse et assurer la prévention des infections digestives [Upon consumption, dietary nitrate is reduced to nitrite in the oral cavity and to nitric oxide (NO) in the stomach. Here, NO increases mucosal blood flow, mucus thickness and prevents microbial infection].

Dans un travail expérimental, les auteurs portugais [Universités de Coimbra et d’Aveiro] étudient, en cas d’antibiothérapie, les effets d’une supplémentation conjointe en nitrate sur la sphère gstro-intestinale.

L’expérimentation dure 7 jours. 32 rats Wistar sont répartis en 4 groupes de 8 animaux:

- Groupe 1: Groupe contrôle. Les rats consomment leur nourriture et leur eau de boisson à volonté.

- Groupe 2: Groupe antibiotiques. Les rats consomment leur nourriture à volonté. On dissout dans l’eau de boisson un cocktail antibiotique comprenant 5mg/ml de néomycine, 5 mg/ml de bacitracine et 1.25 μg/ml d’imipénem

- Groupe 3: Groupe antibiotiques + nitrate. Dans l’eau de boisson, on associe au même cocktail antibiotique 620 mg l-1 de nitrate NO3- sous forme de nitrate de sodium NaNO3 [10mM].

- Groupe 4: Groupe nitrate. Dans l’eau de boisson, on ajoute 620 mg l-1 de nitrate NO3- sous forme de nitrate de sodium NaNO3 [10mM], sans y ajouter d’antibiotiques.

Les animaux sont pesés et leurs fèces collectées. Ils sont finalement sacrifiés. On étudie alors notamment l’estomac et le caecum.

• Les rats du groupe 2 [groupe antibiotiques] sont l’objet d’une perte de poids. Celle-ci est significativement atténuée chez les rats du groupe 3, [groupe antibiotiques + nitrate] [Nitrate prevented antibiotic-induced body weight loss (1.9 % vs 8.9 %, p ˂ 0.05)].

• Chez les rats du groupe 2 [groupe antibiotiques] le poids du caecum est significativement augmenté: en moyenne, 7.5 % du poids du corps, vs 3% du poids du corps chez les rats du groupe 1 [groupe contrôle]. Chez les rats du groupe 3 [antibiotiques + nitrate] la caecomégalie est moins prononcée: en moyenne, 6% du poids du corps [Dysbiosis induces a significant increase of ceca weight while the simultaneous exposure to nitrate reduces antibiotic-induced cecamegalia].

• Chez les rats du groupe 2 [groupe antibiotiques], concomitamment à la dysbiose intestinale, l’expression en immunoflourescence, en regard de l’épithélium de la muqueuse gastrique, des deux protéines de jonction serrée que sont l’occludine et la claudine-5 est trouvée diminuée. La diminution n’est pas observée chez les rats du groupe 3 [groupe antibiotiques + nitrate] [Gastric expression of occludin and claudin-5 tended to decrease during dysbiosis but both protein levels were recovered following nitrate consumption (p ˂ 0.05)].

Ainsi, selon les auteurs portugais, il est possible que les nitrates alimentaires aient pour effets favorables, entre autres, à la fois d’assurer l’intégrité de la muqueuse gastrique et de favoriser la fonction de la flore intestinale. Plus particulièrement, chez les patients soumis à une antibiothérapie, il se pourrait que la consommation conjointe de nitrates alimentaires prévienne l’apparition de troubles gastro-intestinaux tels épigastralgies, phénomènes dyspeptiques et phénomènes diarrhéiques [Dietary nitrate may be envisaged as a key component of functional foods with a beneficial impact on gastric mucosal integrity and likely on gut microbiota functional performance. Thus, nitrate consumption may be useful during antibiotherapy in order to prevent gastrointestinal dysfunction and possibly symptoms such as heartburn, dyspepsia and diarrhea].

Commentaire du blog

On ne connaît pas exactement les doses quotidiennes de nitrate NO3- ingérées par les rats des groupes 3 et 4.

Les concentrations de nitrate NO3- dans l’eau de boisson des rats des groupes 3 et 4 sont cependant importantes, d’ordre pharmacologique: 620 mg NO3- l-1. Dès lors, il n’est pas sûr que la transposition à l’homme soit envisageable. Des études expérimentales associant antibiothérapie et apports quantifiés en nitrate, d’ordre physiologique, seraient bienvenues.

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Femme ménopausée, légumes riches en nitrate, santé cardio-vasculaire

Mayra, S.T., Johnston, C.S. and Sweazea, K.L. (2019) High-nitrate salad increased plasma nitrates/nitrites and brachial artery flow-mediated dilation in postmenopausal women: A pilot study. Nutrition Research 65, 99-104

(voir l'abstract ici)

Selon un rapport récent, le risque cardiovasculaire serait non seulement plus important chez la femme ménopausée que chez la femme jeune, mais il le serait également chez la femme ménopausée comparativement à l’homme du même âge. Une telle augmentation du risque cardiovasculaire chez la femme ménopausée s’expliquerait par une réduction de l’imprégnation œstrogénique, les hormones œstrogéniques étant, par ailleurs, connues pour stimuler la synthèse endogène en oxyde nitrique NO [Cardiovascular disease risk is elevated in postmenopausal women relative to similarly aged men or younger women [Stanhewicz, A.E. et al. (2018)]. This elevated risk is linked to reduced estrogen, a potent stimulator of the vasodilator nitric oxide (NO)].

Les auteurs américains [Université de l’Etat d’Arizona, Phoenix, USA] présentent une étude pilote, en cross over, effectuée chez 10 femmes en bonne santé, âgées en moyenne de 53 ans. Pendant deux périodes de 10 jours séparées par un wash-out de 2 à 3 semaines, elles ingèrent:

- soit une supplémentation à base de salade verte riche en nitrate NO3-,

- soit une supplémentation à base de légumes en conserve (haricots verts, céréales, petits pois) pauvres en nitrate NO3-.

Au terme des 10 jours, les résultats sont, en moyenne, les suivants:

 

Supplémentation par légumes riches en nitrate

Supplémentation par légumes pauvres en nitrate

Valeur de p

Concentration plasmatique en nitrate + nitrite (NOx] μM/l, à jeun

58.2

27.3

0.002

Tension artérielle systolique mm Hg

119.7

122.8

0.894

Tension artérielle diastolique mm Hg

75.6

77.8

0.774

Vasodilatation liée au flux %

8.5

5.8

0.05

1) La supplémentation par des légumes riches en nitrate NO3- pendant 10 jours augmente significativement les concentrations plasmatiques en NO3- + NO2- [NOx] [The mean fasting plasma nitrate/nitrite concentration was significantly increased following the high-nitrate salad treatment compared to the control (+156% and +16% respectively; p=0.002)].

2) Aucun effet significatif n’est observé sur les tensions artérielles systolique et diastolique [There were no treatment effect on peripheral or derived central-aortic blood pressure].

3) Par contre, la vasodilatation liée au flux, vérifiée par ultrasons à l’artère radiale, est favorablement influencée par la supplémentation par légumes riches en nitrate [Flow-mediated dilation responded favorably to the high nitrate salad in comparison to the canned vegetable condition (17% versus -8% respectively; p=0.047)].

Ainsi, chez la femme ménopausée, la consommation de légumes riches en nitrate NO3-, telle la salade, apporte des nitrates, ensuite transformés in vivo en nitrite NO2- et oxyde nitrique NO. On peut supposer que cet apport ait pour effet de compenser partiellement la diminution de synthèse endogène d’oxyde nitrique NO propre au déficit œstrogénique de la ménopause [In menopausal women, the consumption of high-nitrate foods such as the salad used in this trial provides an exogenous source of nitrite for nitric oxide production to partially compensate for the loss of endogenously sourced nitric oxide].

Cette étude, qui, en raison du faible nombre de participantes, ne se considère que comme «pilote», suggère que, chez la femme d’âge post-ménopausique, le recours à une consommation quotidienne de salades riches en nitrate NO3- pourrait éventuellement s’avérer utile. Elle pourrait améliorer la santé cardiovasculaire [These data suggest that daily ingestion fo nitrate-rich, leafy green salads may prove a useful strategy for improving cardiovascular health in postmenopausal women].

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Jus de betterave chez le sportif et risque carcinogène

Berends, J.A., van den Berg, L.M.M., Guggeis, M.A., Henckens, N.F.T., Hossein, I.J., de Joode, M.E.J.R., Zamani, H., van Pelt, K.A.A.J., Beelen, N.A., Kuhnle, G.G., de Kok, T.M.C.M. and Van Breda, S.G.J. (2019) Consumption of nitrate-rich beetroot juice with or without vitamin C supplementation increases the excretion of urinary nitrate, nitrite, and N-nitroso compounds in humans. International Journal of Molecular Sciences, 20, 277; doi: 3390/IJMS20092277

(voir l'abstract et le texte entier ici)

Les auteurs néerlandais [Département de toxicogénomique, Maastricht] et britannique [Université de Reading, Royaume-Uni] notent que la consommation de jus de betterave riche en nitrate donne lieu à un certain nombre d’effets bénéfiques chez le sportif, du fait de la transformation in vivo des ions nitrate NO3- en oxyde nitrique NO [Consumption of nitrate-rich beetroot juice by ahtletes induces a number of beneficial effects, which are linked to the formation of nitric oxide (NO) from nitrate]. Mais ils continuent à s’inquiéter d’un éventuel risque carcinogène.

Certes, disent-ils, jamais la responsabilité carcinogénique des composés N-nitrosés n’a pu être démontrée chez l’homme, mais elle a été signalée chez au moins 39 espèces animales [Although no causalities have been established yet in human studies, N-nitroso compounds [NOCs] have been found to be carcinogenic in at least 39 animal species].

Ils présentent une étude randomisée effectuée chez 29 volontaires sains (13 hommes et 16 femmes), d’âge compris entre 18 et 45 ans. L’étude dure 7 jours consécutifs. Elle permet de distinguer deux groupes:

- le groupe BRJ (16 sujets; 9 hommes, 7 femmes), ingérant une fois par jour pendant 7 jours 70 ml d’un jus de betterave apportant 400 mg de nitrate NO3-,

- et le groupe BRJ + Vit C (13 sujets; 4 hommes et 9 femmes), ingérant une fois par jour pendant 7 jours 70 ml d’un jus de betterave apportant, outre 400 mg de nitrate NO3-, 1000 mg de vitamine C.

Chez les 29 sujets, les auteurs mesurent les concentrations urinaires en nitrate NO3-, en nitrite NO2- et en composés N-nitrosés totaux apparents [Apparent total N-nitroso Compounds ou ATNC] à J1, J2 et J8.

L’augmentation des concentrations urinaires se produit comme suit, les résultats moyens étant exprimés en nmol/mmol de créatinine:

• Groupe BRJ

 

Jour 1 (de base)

Jour 2

Jour 8

Nitrate/créatinine

820

18110

19470

Nitrite/créatinine

2

15

17

ATNC/créatinine

6

72

123

• Groupe BRJ + Vit C

 

Jour 1 (de base)

Jour 2

Jour 8

Nitrate/créatinine

560

17610

18190

Nitrite/créatinine

6

0

25

ATNC/créatinine

3

16

81

Les auteurs néerlandais et britannique en déduisent qu’une supplémentation en jus de betterave riche en nitrate entraîne une augmentation de synthèse endogène des composés N-nitrosés, potentiellement cancérigènes. Les sportifs seraient ainsi, selon eux, bien avisés d’être prudents avant de faire appel, au long cours, à une telle supplémentation alimentaire par le jus de betterave.  Il faudrait maintenant des études complémentaires pour être, éventuellement et ultérieurement, pleinement rassuré [This is the first study that shows that beetroot juice supplementation leads to an increase in formation of potentially carcinogenic N-nitroso compounds. In order to protect athlete’s health, it is therefore important to be cautious with chronic use of beetroot juice to enhance sports performances and more research is needed to exclude possible long-term adverse health effects].

Commentaire du blog

• Les effets bénéfiques de l’ingestion de nitrate NO3- ne se limitent pas à l’amélioration des performances sportives. Ils sont nombreux et très importants. Cf. les pages RUBRIQUES PAR THEMES et RUBRIQUES PAR THEMES 2.

• Il ne suffit pas de relater qu’un article récapitulatif [Bogovski, P. et Bogovski, S. (1981)] a rapporté la mention d’un effet carcinogénique des composés N-nitrosés chez au moins 39 espèces animales. Il faut préciser à quelles doses et pour quelle durée. Or, chez le rat, on a montré que des administrations prolongées, tout au long de l’existence, de nitrosodiméthylamine [NDMA] ou de nitrosodiéthylamine [NDEA] sont dénuées de tout effet cancérigène, du moins tant que la dose utilisée reste inférieure à 0.01 mg kg-1 j-1 [Peto, R. et coll., 1984].

• Chez l’homme, jamais n’a pu être démontrée la responsabilité carcinogénique des composés N-nitrosés en général; et, jamais chez l’homme, plus spécifiquement, n’a été démontrée la responsabilité carcinogénique des composés N-nitrosés formés par voie endogène à partir des nitrates alimentaires.

• Si l’on s’attache aux chiffres, on observe, en effet, que, chez l’homme, selon Licht et Deen, 1988, à partir des nitrates NO3- alimentaires et par l’intermédiaire des nitrites NO2- formés dans la salive du fait de la circulation entérosalivaire, ce sont environ 0.02 nmol, soit 1.48 ng, de nitrosodiméthylamine [NDMA] qui, chaque jour, sont synthétisés au sein de l’estomac, dans les conditions physiologiques. Ainsi, si on compare les 10 μg kg-1 j-1 chez le rat aux 0.00148 μg j-1 chez l’homme, on voit que, pour un homme de 70 kg, le coefficient de sécurité pour la nitrosodiméthylamine [NDMA] est énorme. Il est d’environ 700/0.00148, soit d'environ 500000.

• Dénué de réels arguments scientifiques chiffrés, l’alarmisme des auteurs néerlandais et britannique à l’encontre de la consommation au long cours du jus de betterave riche en nitrates NO3- n’apparaît  pas justifié.

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Nitrate, diabète, testicule

Keyhanmanesh, R., Hamidian, G., Alipour, M.R. and Oghbaei, H. (2019) Beneficial effects of dietary nitrate supplementation on testicular injury in streptozotocin-induced diabetic male rats. Reproductive Biomedicine Online. Sous presse

(voir l'abstract ici)

On sait que la fertilité des hommes atteints de diabète, de type 1 ou de type 2, peut être diminuée. En raison d’une altération de leur acide désoxyribonucléique [DNA], les spermatozoïdes peuvent, en effet, perdre de leur qualité et de leur mobilité.

Les auteurs iraniens [Tabriz, Iran] cherchent à savoir si les ions nitrate NO3- ont des effets sur les lésions testiculaires diabétiques.

Dans une étude expérimentale, ils répartissent 50 rats Wistar mâles âgés de 6 à 7 semaines en 5 groupes:

- rats contrôles [C] recevant, à titre de boisson, de l’eau distillée,

- rats contrôles-nitrate [CN] recevant, à titre de boisson, une eau distillée additionnée de nitrate, la concentration en nitrate étant alors de 100 mg NO3- l-1,

- rats diabétiques [D] recevant, à titre de boisson, de l’eau distillée,

- rats diabétiques-insuline [DI] recevant 2-4 unités d’insuline NPH par jour,

- rats diabétiques-nitrate [DN] recevant, à titre de boisson, une eau distillée additionnée de nitrate, la concentration en nitrate étant de 100 mg NO3- l-1.

Le diabète expérimental des rats est d’abord induit par une injection intrapéritonéale de 54 mg kg-1 de streptozotocine. Quatre semaines plus tard, on commence les «traitements» par l’insuline et les ions nitrate NO3-; ils durent 8 semaines. A la fin de la huitième semaine, les animaux sont sacrifiés.

Chez le rat diabétique, par comparaison avec le rat contrôle, on note une élévation significative de la glycémie, de l’index apoptotique des tubes séminifères et de l’expression des acides ribonucléiques messagers [ARNm] p53, Pdcd4 et Pacs2.

De nombreuses anomalies testiculaires observées chez le rat diabétique [D] sont réduites chez le rat diabétique-nitrate [DN], qui, pendant 8 semaines, boit une eau contenant 100 mg NO3- l-1. Sont améliorées l’apoptose, la diminution de la mobilité du spermatozoïde, leurs déformations, les altérations de leur acide désoxyribonucléique, ainsi que diverses anomalies [Approximatively all sperm parameter and stereological results were different between diabetic and control rats; nitrate recovered almost all these alterations including dead sperm, sperm mobility grade, sperm deformity index, spermatozoa with damaged DNA, malformations in abnormal sperms, total volume of seminiferous tubule, germinal epithelium, capsule, lumen, interstitial tissue, seminiferous tubule diameter, germinal epithelium height, the number of spermatogenic, Sertoli and Leydig cells].

Selon les auteurs iraniens, leur étude expérimentale démontre que la supplémentation en nitrate de sodium NaNO3 exerce une influence favorable sur l’apoptose, à l’origine des anomalies testiculaires diabétiques. Elle suggère de même que l’oxyde nitrique NO joue un rôle majeur dans la physiologie du système reproducteur [We demonstrated that treatment with sodium nitrate could modulate the apoptosis which is a major cause for the diabetic testicular disorder. These experiments suggest that NO plays an important role in the function of the reproductive system].            

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Charcuterie et risque suicidaire

Dickerson, F., Stallings, C., Orinogi, A., Katsafanas, E., Sweeney, K., Khushalani, S. and Yolken, R. (2019) Nitrated meat products are associated with suicide behavior in psychiatric patients. Psychiatry Research 275, 283-286

(voir l'abstract ici)

Les auteurs américains [Sheppard Pratt et Johns Hopkins School of Medicine, Baltimore, Maryland, USA] cherchent à savoir s’il existe un lien entre la consommation de viande avec ajout de nitrate et l’attitude suicidaire.

Entre le 1er mai 2014 et le 30 mai 2018, ils incluent dans une étude 270 sujets hospitalisés en hôpital psychiatrique, se répartissant de la manière suivante:

- 122 patients atteints de schizophrénie,

- 87 patients atteints de désordre bipolaire,

- 61 patients atteints de syndrome dépressif majeur.

Sur ces 270 patients, 156, soit 58%, ont été tentés, d’une manière ou d’une autre, par le suicide. 114, soit 42%, ne l’ont pas été.

Interrogeant ces sujets, on leur demande s’ils ont déjà mangé des salaisons sèches, notamment des jerkys de bœuf ou de dindon [«Have you ever eaten dry cured meat such as beef jerky, meat sticks, or Turkey jerky?»]

Il se trouve que 147 des 156 patients au contexte suicidaire, soit 94%, versus 95 des 114 patients sans contexte suicidaire, soit 83%, répondent positivement. Pour les auteurs, la différence entre les deux groupes apparaît significative (p= 0.004).

Ils concluent que la consommation de viande de charcuterie (caractérisée par un ajout en nitrate) par des patients atteints de schizophrénie, de désordre bipolaire ou de syndrome dépressif majeur, est associée à une augmentation du risque suicidaire [We found that a history of eating cured meat  was associated with increased odds of having a history of a suicide attempt]. Ils reprennent leur conclusion dans le titre [Nitrated meat products are associated with suicide behavior in psychiatric patients].

Commentaire du blog

Cette étude n’est pas réellement sérieuse.

On ne peut, bien sûr, se fier à une question d’interrogatoire aussi imprécise.

Le titre semble impliquer (à tort) les ions nitrate NO3- présents dans les viandes. On rappellera qu’habituellement les apports nitratés proviennent pour 80% des légumes, pour 10% de l’eau de boisson et seulement pour 10% des viandes consommées. On rappellera aussi que les ions nitrate NO3- sont, en permanence, l’objet d’une synthèse endogène quantitativement presque équivalente aux apports exogènes, une telle synthèse endogène en nitrate étant, par ailleurs, fortement accrue lors des activités physiques et sportives.

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Méthémoglobinémie et nourrisson

Johnson F. S. (2019) Methemoglobinemia: Infants at risk Current Problems in Pediatric and Adolescent Health Care 49, 57-67

(voir l'abstract ici)

Travaillant au «Minnesota Department of Heath» de Saint-Paul [Minnesota], l’auteur de l’article propose une revue de la littérature consacrée à la méthémoglobinémie, congénitale ou acquise.

En 2004, Ash-Bernal et coll. ont, par exemple, dans deux hôpitaux américains et sur quatre ans, rétrospectivement recueilli 138 cas de méthémoglobinémie acquise de toute origine. Les patients étaient âgés de 4 jours à 86 ans.  On dénombrait 13 enfants, dont 6 nourrissons, dont l’âge moyen était de 30 jours.

Une partie de l’article concerne les nitrates NO3- et la méthémoglobinémie du nourrisson.

Selon l’estimation établie en 2018 par l’«US Environmental Protection Agency» [USEPA], le pourcentage de territoire américain dont la concentration des eaux souterraines en nitrate dépasse 22.15 mg NO3- l-1 diffère d’un Etat à l’autre. Il varie ainsi entre 0 et 53%.

Selon les mesures de l’«United States Geological Survey» (1988-2004), la concentration en nitrate NO3- des eaux de puits américaine a augmenté en dix ans en moyenne de 4 mg NO3- l-1, passant de 25.25 à 29.24 mg NO3- l-1.

Commentaire du blog

Le blog «Nitrates et Santé – Le blog des nitrates» renonce à rendre compte des explications de la méthémoglobinémie du nourrisson liée à la consommation d’un biberon préparé avec une eau de puits, telles qu’elles sont fournies par l’auteur américain dans cet article.

L’auteur conclut que la méthémoglobinémie du nourrisson peut encore survenir lorsque le biberon est préparé avec une eau de puits contenant plus de 44.3 mg NO3- l-1 [Acquired methemoglobinemia is rare, yet can still be seen in medical settings, and when an infant is exposed to nitrate in well water above 10 mg NO3--N l-1]. Il s’agit de la position de l’administration. Comme on le sait, cette position n’est pas conforme à la réalité scientifique.

En fait, comme le montrent d’assez nombreuses rubriques dans ce blog [Cf. RUBRIQUES PAR THEMES et RUBRIQUES PAR THEMES 2], l’ion nitrate NO3- présent dans le biberon peut être transformé en ion nitrite NO2- si, en outre, l’eau de puits ayant servi à sa préparation, fortement contaminée, contient plus de 106 germes ml-1. Au contraire, si le biberon préparé avec une eau de puits contient de très fortes concentrations en nitrate NO3-, largement supérieures à la Concentration Maximale Admissible [CMA] de 44.3 ou de 50 mg NO3- l-1 et si, par ailleurs, il n’est pas bactériologiquement contaminé, la quantité de germes restant inférieure à 106 germes ml-1, les ions nitrate NO3- restent nitrate NO3- dans le biberon, et ne sont pas convertis en ions nitrite NO2-. Le taux de méthémoglobine du nourrisson n’est alors nullement affecté. Il ne court aucun risque méthémoglobinémique.

L’article contient de nombreuses erreurs. L’une d’elles, quoique mineure, est troublante. Le nom de l’auteur à qui l’on doit la description princeps de la méthémoglobinémie du nourrisson liée à la consommation d’un biberon préparé avec une eau de puits est cité à six reprises. Il est six fois mal orthographié, sous la forme inexacte de Comley. Il s’agit, en fait, de Hunter H. Comly [Cf. rubrique du 19 février 2010].

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Apport alimentaire en nitrate, fonction musculaire, femme âgée

Sim, M., Lewis, J.R., Blekkenhorst, L.C., Bondonno, C.P., Devine, A., Zhu, K., Peeling, P., Prince, R.L. and Hodgson, J.M. (2019) Higher dietary nitrate, intake is associated with better muscle function in older women. Journal of Cachexia, Sarcopenia and Muscle. DOI: 10.1002/jcsm.12413

(voir l'abstract et le texte entier ici)

Chez le sujet jeune, la supplémentation alimentaire en nitrate NO3- améliore à court terme les fonctions vasculaire et musculaire [In younger individuals, dietary nitrate supplementation has been shown to improve short-term vascular and muscular function]. Les auteurs australiens [Université d’Australie-Occidentale, Perth; Université Edith-Cowan, Joondalup; Université de Sydney] se proposent de vérifier si, chez la femme âgée, un lien existe ou non entre les apports alimentaires en nitrate NO3- et la fonction musculaire.

L’étude porte sur 1420 femmes âgées de plus de 70 ans, recrutées dans le cadre d’une Perth Longitudinal Study of Ageing in Women [PLDAW]. Leur âge moyen est de 75 ans.

Pour mesurer les apports alimentaires en nitrate NO3- des douze derniers mois, on se sert d’un questionnaire alimentaire développé par le Cancer Council of Victoria (Melbourne). En fonction de la quantité de nitrate NO3- quotidiennement ingérée, les femmes participantes sont réparties en trois tertiles: moins de 64.2 mg NO3- j-1, de 64.2 à 89.0 mg NO3- j-1, et plus de 89.0 mg NO3- j-1.

Les auteurs évaluent la force du grasp et la fonction musculaire:

-  La force du grasp est mesurée à l’aide d’un dynamomètre de main hydraulique [Jamar Hand Dynamometer]

- La fonction musculaire est évaluée par le test chronométré du lever de chaise [Timed-up and-go, ou TUG]. Celui-ci consiste à mesurer le temps nécessaire pour se relever d’une chaise dont l’assise est à 46 cm du sol, puis à marcher sur une distance de 3 mètres et à se rasseoir.

Les résultats sont, en moyenne, les suivants:

 

Toutes les participantes

Tertile ˂64.2 mg NO3- j-1

Tertile 64.- 89.0 mg NO3- j-1

Tertile ≥89.0 mg NO3- j-1

Nombre

1420

473

474

473

Force du grasp (kg)

20.5

20.0

20.6

20.8

Temps du lever de chaise TUG (secondes)

9.4

9.7

9.3

9.2

Comparativement à celle des femmes appartenant au tertile le plus bas, inférieur à 64.2 mg NO3- j-1, la force de préhension des femmes appartenant au tertile le plus haut, supérieur à 89.0 mg NO3- j-1, est 4% supérieure. Le temps de lever de chaise est 5% plus court [Across the unadjusted tertiles of nitrate intake (˂64.2 mg/day; 64.2 to ˂89.0 mg/day; ≥89.0 mg/day), women in the highest tertile had a 4% stronger grip strength and a 5% faster TUG performance compared with the lowest tertile].

Les auteurs australiens font remarquer que, chez les personnes âgées, la diminution de la force musculaire ainsi que l’altération de la fonction musculaire peuvent être à l’origine de complications, notamment de chutes et de fractures, aux conséquences parfois fatales. Grâce notamment à l’augmentation de la consommation de légumes, l’augmentation des apports quotidiens en nitrate NO3- pourrait efficacement limiter le déclin lié à l’âge de la fonction musculaire [Considering poor muscle strenght and physical function is associated with a range of adverse health outcomes such as falling, fractures, cardiovascular disease, and mortality, increasing dietary nitrate, especially through vegetable consumption may be an effective way to limit age-related declines in muscle function].

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Capacité nitrato-réductrice de la cavité buccale et performance physique

Thomas, B., Smallwood, S., Cutler, C. and Bescos, R. (2019) The oral nitrate-reducing capacity correlates with peak power output and peak oxygen uptake in healthy humans. Nitric Oxide 87, 43-51

(voir l'abstract ici)

Le cycle entérosalivaire des nitrates NO3- se trouve placé au cœur de leur métabolisme. Par son intermédiaire, ils agissent sur la biodisponibilité de l’oxyde nitrique NO [Interest in inorganic nitrate and nitrite has grown substantially over the past decade as research has revealed the role of these anions in enhancing nitric oxide (NO)) availability through an oral pathway].

On a montré l’existence d’une corrélation positive et statistiquement significative entre la concentration plasmatique en nitrite NO2- et la puissance musculaire produite lors de l’effort. Il n’est pas cependant bien connu et précisé quelles sont, dans ce processus, les parts respectives de nitrite NO2- plasmatique provenant

- de l’endothélium par la voie de la NO synthase,

- et du cycle entérosalivaire des nitrates

[Two previous studies by Rassaf et al. and Totzeck et al. in healthy humans found a positive and significant correlation between circulatory nitrite, power output and heart rate, respectively. However, currently it is unknown whether the main source of circulatory nitrite originates from the endothelium or is derived from the reduction of nitrate by oral commensal bacteria].

Les auteurs britanniques [Université de Plymouth, Royaume Uni] cherchent à vérifier s’il existe ou non chez le sujet sain une corrélation entre:

- d’une part, la capacité de réduction des nitrates NO3- en nitrite NO2- dans la cavité buccale par les germes de la flore salivaire,

- et, d’autre part, lors d’un effort de forte intensité,

- la puissance musculaire maximale [Wpeak],

- et la consommation maximale d’oxygène [VO2peak].

Sont recrutés 50 sujets [28 hommes et 22 femmes], en bonne santé, âgés en moyenne de 39 ans, indemnes de surcharge corporelle [indice de masse corporelle (IMC): 22.8 en moyenne (poids idéal 18.5 à 25)].

Un exercice physique d’intensité progressive est effectué sur cyclo-ergomètre. Des échantillons salivaires sont prélevés avant l’exercice physique et 20 minutes plus tard, permettant  de mesurer la capacité nitrato-réductrice dans la cavité buccale [the oral nitrate-reducing capacity].

Les résultats sont assez nets. Il existe une corrélation positive et statistiquement très significative entre la capacité nitrato-réductrice dans la cavité buccale et, lors d’un effort important,

- la puissance musculaire maximale développée [Wpeak] (p = 0.001)

- et la consommation maximale d’oxygène [VO2peak] (p = 0.005).

[Oral nitrate-reducing capacity was positively associated with Wpeak (p = 0.001) and the VO2peak (p = 0.005)]

Les auteurs font remarquer que leur étude est la première à montrer un lien entre la flore bactérienne buccale et les performances physiques lors de l’effort [This is the first study showing that oral nitrate-reducing capacity is related to the main markers of aerobic fitness such as Wpeak and VO2max in healthy humans]. Des études complémentaires sont souhaitables.

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